(BFM Bourse) - L'indice parisien recule à la clôture ce lundi 14 septembre, miné par les inquiétudes sur l'intelligence artificielle et la hausse des prix de l'or noir.
La Bourse de Paris commence la semaine sur une note difficile. Son indice phare, le CAC 40, abandonne 0,76% à 8.117,78 points à la clôture ce lundi 14 septembre.
Plusieurs éléments ont alimenté l'aversion des investisseurs pour le risque. Tout d'abord les doutes sur la trajectoire de l'intelligence artificielle ressurgissent de plus belle après que le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, a appelé à "temporiser" l'amélioration de l'IA pour "que la prévention des risques soit en mesure de suivre le rythme".
Ces déclarations ont été appuyées par Sam Altman, le directeur général d'OpenAI, et par Elon Musk.
Les valeurs IA ont souffert à la Bourse de Paris : Soitec a lâché 12,6%, Legrand 6,7%, STMicroelectronics 6,6% et Schneider Electric 6,5%. A contrario, les actions de groupes perçus comme des perdants de l'IA ont grimpé. En tête du CAC 40 à la clôture, Capgemini avance de 6,6%, suivi de Dassault Systèmes (+5%), et Publicis (+3,7%).
"Les valeurs technologiques sont sous pression, après les appels de plusieurs dirigeants du secteur à davantage de prudence sur les modèles les plus avancés", résume John Plassard de Cité Gestion.
Le pétrole monte
Le pétrole poursuit sa remontée après la fermeture temporaire d'un important oléoduc en Arabie saoudite. Le baril de Brent pour livraison en novembre s'adjuge 2,8% à 107,43 dollars le baril tandis que le contrat d'octobre sur le WTI coté à New York prend 2,8%, à 102,85 dollars le baril.
Ces craintes inflationnistes se répandent dans le marché obligataire. Le taux d'intérêt de la dette publique des Etats-Unis à échéance dix ans a franchi le seuil des 5% lundi, pour la première fois depuis octobre 2023.
"Le pétrole remonte parallèlement [...] après la fermeture d’un oléoduc saoudien et le report des discussions entre l’Iran et les États du Golfe. [...] Les marchés attribuent près de 90% de probabilité à une hausse de taux de la Fed mercredi", énumère John Plassard.
Une crédibilité à restaurer pour la Fed
Temps fort de la semaine, les opérateurs scruteront avec attention la décision de la Réserve fédérale américaine sur ses taux mercredi. Selon l'outil CME FedWatch, les marchés attribuent une probabilité supérieure à 90% à une hausse des taux de 25 points de base (0,25 point de pourcentage), à l'issue de la réunion de la Fed.
"La Fed doit trouver un équilibre délicat. Alors que l’inflation reste supérieure à l’objectif et que les événements récents, notamment la hausse des cours du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, ont accentué les pressions à la hausse, l’économie américaine continue de faire preuve de résilience", avance Felipe Villaroel, gérant chez TwentyFour AM/Vontobel.
"La Fed s’achemine vers sa première hausse de taux depuis trois ans, essentiellement dans l’optique de préserver sa crédibilité. Toutefois, il est totalement paradoxal que le président de la Fed choisi par Donald Trump pour baisser les taux, Kevin Warsh, puisse être celui qui ait mené l’institution à monter les taux un mois et demi avant les midterms", ajoute Bastien Drut, responsable Stratégie & Analyse chez CPRAM.
Euronext a gagné 1,3% après que son PDG, Stéphane Boujnah, a ouvert la porte à un rapprochement avec l'allemand Deutsche Börse.
Du côté des petites et moyennes capitalisations, Integragen a plongé de 36,8%, après avoir reçu deux offres de reprise dans le cadre de sa procédure de redressement judiciaire. Pour les actionnaires, la reprise de l'activité ne leur garantit pas l'existence d'une valeur résiduelle.
Sur les changes, l'euro abandonne 0,4% face au dollar à 1,1547 dollar.
